Guerre des moteurs : les lignes de fracture
Mots-clés : search, yahoo, google, ask
La lecture du dernier dossier "A quoi ressembleront les moteurs de demain ?" du JDN me fait réagir.
Il met une emphase importante sur le front-end (Larry Cornett étant VP UED à Yahoo!), ce que l'internaute "touche" avec son clavier et sa souris. C'est important certes, mais c'est faire un peu vite abstraction de la partie immergée du problème : le back-end et surtout le contenu indexé, qui est quand même la matière première d'un moteur de recherche.
Certes les gadgets vont être de plus en plus présents, mais n'oublions pas qu'un moteur c'est d'abord fait pour résoudre un problème et si possible rapidement. Même si on a pu constater par exemple avec Answers que quand l'utilisateur n'est plus confronté à la barrière technologique (transformer une intention / question en un nombre minimal de mots-clés en espérant trouver du premier coup), il est prêt à passer un peu plus de temps pour obtenir une réponse, surtout si son intention est complexe. Donc le temps est assez important mais pas primordial à mon sens.
Ce qui est plus important, c'est de trouver l'information. Or comme le montre l'étude "Different Engines, different results" commanditée par Dogpile auprès de l'Université de Pennsylvanie, les moteurs pris un par un trouvent des résultats différents pour un même mot-clé. Tout en gardant à l'esprit que Dogpile milite pour la notion de métamoteur (qui a ses propres inconvénients), si on fait abstraction des requêtes dites navigationnelles sur les grands moteurs encore appelés "moteurs généralistes" (requêtes les plus fréquentes permettant de s'affranchir de la saisie de l'URL d'un site web), on voit que la masse des contenus indexés et la méthode d'indexation introduisent des différences majeures quant à l'obtention du résultat recherché. L'avantage de cette étude est qu'elle fait une photo à 2 ans d'intervalle et montre que le taux de recouvrement des index entre eux diverge. On assiste donc à une "spécialisation" sur les contenus des "moteurs généralistes". Entendons-nous bien, il ne s'agit pas d'une verticalisation des moteurs sur un domaine sémantique particulier, mais d'une sélection de résultats plutôt que d'autres, en fonction de la matière première. Certains font l'hypothèse du tout-algorithmique et donc de la mécanique ou de l'automatisation appliquée à l'internet, les autres croient davantage en un internet "humain", ce qui signifie que c'est l'activité humaine, autant que les contenus et que le temps qui importe, d'autres enfin se spécialisent sur les outils à disposition de l'internaute...
On voit donc que les moteurs commencent à bouger et que les choix qui sont faits résultent d'une vision de l'internet à moyen terme. En résumé, les lignes de fractures qui se dessinent entre les moteurs du marché :
- "don't filter-in, but filter-out" : toutes les sources sont égales, ce sont les outils en sortie mis à disposition de l'internaute qui prévalent (exp. Ask ou Exalead) - usage : très orienté front-end pour utilisateur avancé qui intervient en bout de chaîne ;
- "automatisation sémantique" : le ranking est lié à la popularité / autorité d'un contenu, donc focus prépondérant sur le contenu et son attrait (exp. Google) - usage : structurer les contenus et l'internaute intervient en périphérie du système pour aider à la création des éléments de structure ;
- "recommandation" : l'influence des internautes entre eux (où la confiance devient un élément clef) devient prépondérant (exp. Yahoo!) - usage : la connaissance est un mix entre contenus et humains, la première application qui en découle étant la découverte par le filtre humain, qui fait partie intégrante du système.
olivier
le 31.10.07 à 18:17
dans Opinion
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